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 Ce que pourrait être l'Amérique d'Obama

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MessageSujet: Ce que pourrait être l'Amérique d'Obama   Mar 28 Oct - 6:38:07


À huit jours des élections présidentielles américaines, Armand Laferrère, auteur de «L'Amérique est-elle une menace pour le monde ?» (1), et Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), coauteur de «50 idées reçues sur les États-Unis» (2), débattent de la nouvelle donne que pourrait représenter une victoire d'Obama à la fonction suprême.

LE FIGARO. La victoire d'Obama est-elle acquise ?

Armand LAFERRÈRE. Je ne vois pas comment autant d'écart de popularité pourrait être inversé. Mais je pense qu'Obama gagnera avec moins d'avance que prévu. Ce que l'on appelle l'effet Bradley certains électeurs n'osent pas dire qu'ils ne veulent pas voter pour le candidat noir pourrait réduire son avance, mais, même dans ce cas, je crois qu'Obama est à peu près sûr d'être élu.

Pascal BONIFACE. Avec un écart compris entre 7 et 13 points dans les sondages et même en tenant compte du facteur Bradley, la messe est dite, même si on ne peut pas exclure de surprise. La crise financière est venue au secours d'Obama, car elle jette un opprobre supplémentaire sur la présidence Bush, à laquelle McCain est lié, à son corps défendant. Sauf un coup de Trafalgar, je ne vois pas comment il pourrait être vaincu. Et si le score devait être inversé, cela créerait un choc violent ; on se poserait des questions sur la validité des sondages. La défaite d'Obama aurait des conséquences négatives sur la perception des États-Unis, notamment à l'étranger.

L'effet Sarah Palin a-t-il été moins décisif que prévu ?

A. L. Cela n'a pas suffi, même si elle a consolidé l'électorat conservateur que McCain n'a jamais réussi à rassembler, s'étant positionné en personnage atypique. À certains égards, cela l'a rendu populaire. Mais son attitude n'a guère donné envie de se déplacer à d'autres. Il a choisi une colistière en phase avec cet électorat traditionnel, notamment sur la référence à Dieu ou le droit de porter des armes. Ce n'est pas elle qui perd l'élection, c'est McCain, qui est loin d'avoir le talent politique de Bush…P. B. Sarah Palin est une erreur de casting. Ses gaffes à répétition et son inexpérience ont fini par se retourner contre elle. Pour l'électorat féminin et urbain, c'est un vrai repoussoir. Le calcul qui consistait à dire que les déçus de ne pas voir Hillary Clinton désignée par les démocrates allaient se reporter sur elle était erroné. En outre, en cas de défection de McCain, qui est très âgé, la perspective de voir Sarah Palin à la tête de l'arsenal nucléaire a quelque chose d'effrayant.A. L. Je ne partage pas votre analyse. Sarah Palin n'a pas suffi, mais elle n'a pas démérité. Quand elle a été désignée, les sondages sont montés. C'est McCain qui a perdu les trois débats, il n'a pas trouvé de thème mobilisateur. McCain est un personnage très admirable, mais qui s'est positionné comme le Maverick, un peu à l'écart. Quand on a un électorat qu'on doit essayer de rassembler, ce n'est pas commode. Il a peut-être cru que sa personnalité suffirait, d'autant que les côtés négatifs d'Obama sont aujourd'hui patents.

C'est-à-dire ?

A. L. Il est le plus inexpérimenté de tous les candidats à la présidence depuis cent ans. Mais il est aussi très intelligent, et de nombreux électeurs font le pari qu'il apprendra vite.
P. B. De nombreux présidents américains inexpérimentés ont fait des mandats honorables. Aux États-Unis, l'argument de l'expérience compte moins. Dès le départ, la mission de McCain était très difficile, parce qu'il ne pouvait pas « taper » sur Bush, alors même que Bush est rejeté. Comment faire quand on appartient au parti d'un président sortant dont le bilan est jugé négativement par la majorité des Américains ? N'être ni traître ni suiveur ? Les sondages sont devenus définitifs en faveur d'Obama, au moment où la crise financière a accentué le rejet des solutions fiscales que McCain proposait.

Une éventuelle victoire d'Obama signifierait-elle une mutation des États-Unis ?

P. B. Oui, même s'il y a longtemps que des Noirs sont élus à de hautes fonctions, ou nommés à des postes importants, comme c'est le cas avec Colin Powell ou Condoleezza Rice. Quels que soient les problèmes interraciaux qui subsistent, cette extraordinaire capacité d'intégration des États-Unis est une leçon pour tous les Occidentaux.
A. L. C'est le résultat d'un long processus et l'effet d'un travail que les États-Unis ont fait sur eux-mêmes depuis quarante ans. Il y a eu un rejet du racisme et de la ségrégation qui s'est focalisé en 1964, après une longue crise. Il a fallu quarante ans pour qu'un pays dont la moitié des États étaient ségrégationnistes élise un noir. Quarante ans seulement ! Ce n'est pas mal, peu de sociétés pourraient en dire autant…P. B. Cette évolution est patente pour les Noirs. Mais ce n'est pas vrai pour toutes les minorités. Je reste frappé par le fait que lorsqu'on accuse Obama d'être arabe et musulman, il nie sans dire «et alors» ?A. L. L'arabophobie des Américains n'anime pas leur politique étrangère. Mais il y a dans la société américaine une incompréhension des sociétés musulmanes et vice versa. L'hostilité est partagée et je n'aime pas que l'on reproche aux Américains de ne pas aimer les musulmans, tout en suggérant qu'il est bien normal que ceux-ci n'aiment pas les Américains. Les deux sont regrettables.

Comment situez-vous Obama sur un plan idéologique ?

A. L. Il appartient clairement à la gauche du Parti démocrate, tout en étant un chrétien pratiquant, ce qui n'a rien d'exceptionnel aux États-Unis. Même si on ne peut trouver de correspondance avec la France, c'est indubitablement un homme de gauche, notamment par ses ambitions redistributrices sur le plan social.
P. B. Obama appartient à l'aile gauche du Parti démocrate, mais on sait bien que les clivages droite-gauche n'ont pas le même sens chez eux que chez nous. Pour l'échiquier politique américain, il est relativement à gauche, en tout cas plus que Clinton.
A. L. Cela dit, il a fait une campagne prudente idéologiquement. Il a très bien compris qu'une présidentielle se gagne au centre et même à la droite du centre. C'est ce qu'il a fait. Il a moins insisté sur ses projets redistributeurs que sur la diminution des impôts ou la fermeté en Afghanistan.

Quels sont ses points forts et ses points faibles ?

A. L. Il est vraiment très brillant. Capable d'une souplesse très supérieure à ce que pourrait indiquer son curriculum idéologique. Il est jeune et dynamique, et les Américains imaginent qu'il va donner une bonne image de leur pays. On peut dire qu'il est une espèce de Kennedy, l'héritage grand-bourgeois et collaborationniste en moins. On lui donne la stature présidentielle sans hésiter. Ses points faibles sont ses liens avec la machine politique de Chicago, qui n'est pas ce qu'il y a de mieux ; car c'est la machine la plus corrompue des États-Unis, ce qui n'est pas peu dire. Et puis son inexpérience. Il n'a jamais rien dirigé et on va lui donner le poste de pouvoir le plus puissant de toute la planète.

P. B. Son point fort, c'est qu'il incarne l'Amérique qu'on aime, Américains et étrangers confondus. Par son charisme, il est l'anti-Bush. Il est aussi une machine intellectuelle et politique. On l'a comparé à Kennedy, mais il est aussi comparable, par certains traits, à Bill Clinton. Son inexpérience est évidemment une faiblesse, mais ce qu'on demande au président ce n'est pas de connaître par cœur les dossiers, c'est d'avoir du discernement. En s'opposant dès 2002 à la guerre d'Irak, il a aussi fait preuve de courage, car les démocrates en vue comme John Kerry ou Hillary Clinton ont voté en faveur de la guerre. Il a été capable d'aller contre un vent dominant. C'est rassurant, à une époque où l'on reproche aux politiques de suivre le courant.Si 93 % des Français souhaitent sa victoire, c'est satisfaisant sur le niveau intellectuel de la France… Mais je ne crois pas que l'hostilité de certains pays à l'égard des États-Unis soit dans leurs gènes. La nouvelle hostilité russe s'explique par le désir d'affirmation de ce pays. Le fait de dénoncer l'Iran comme faisant partie de l'« axe du Mal » est venu casser un mouvement de rapprochement irano-américain qui s'était amorcé sous le deuxième mandat de Clinton. La stratégie d'Obama pourrait avoir pour effet d'affaiblir les durs du régime en Iran et de permettre un dialogue. À part peut-être la Corée du Nord, je ne vois pas de pays qui soit, par nature, hostile aux États-Unis.

Qu'est-ce qui pourrait changer dans la politique étrangère ? 

A. L. Pas grand-chose. En Irak, il est trop tard pour perdre une guerre que Bush a gagnée à force d'obstination. Obama retirera l'armée, comme l'aurait fait McCain, une fois l'Irak apaisé. L'Iran va continuer à crier «  Mort à l'Amérique », et en Afghanistan Obama devrait renforcer l'effort de guerre. Quant à l'Alliance atlantique, elle restera ce qu'elle est. Au Proche-Orient, les États-Unis continueront d'inciter Israël au compromis. Et cela ne deviendra pas plus facile avec Obama. Ce qui peut changer, c'est que la crise ait comme effet une réduction du budget de l'armée. Cela n'empêchera pas ce pays de rester la principale puissance mondiale.
P. B. Ceux qui pensent que la politique américaine va changer du tout au tout se trompent. Les vraies révolutions en politique étrangère sont rares. Il y aura une continuité sur l'Irak et l'Afghanistan. Mais Obama peut faire la différence sur l'Iran et au Proche-Orient, en s'impliquant personnellement dans le dossier palestinien. Réintégrer l'Iran dans la communauté internationale représenterait une grande réussite. Obama était au départ le candidat que les Israéliens craignaient dans le camp démocrate. Mais il a créé la surprise le jour de son investiture devant l'Aipac (American Israel Political Action Committee) et a fait une déclaration de soutien total à Israël. Il est allé au-delà de ses convictions pour des raisons électorales.

Et en politique intérieure ?

A. L. Il a beaucoup promis en matière de réforme du système de santé. Hillary Clinton a essayé de le réformer au début des années 1990 et elle n'a pas réussi. Le système de santé américain est très cher pour des résultats assez moyens, et il y a beaucoup à faire. Je ne suis pas antibushiste, mais du point de vue de la politique financière, les dix dernières années ont aggravé la situation, et Obama va, contrairement à ce qu'il dit, devoir augmenter les impôts.
P. B. C'est une tâche de Titan qui attend le nouveau président, et ce d'autant plus que les déficits sociaux et budgétaires énormes mettent en cause le modèle social américain. Ce qui se traduit par l'affaiblissement de la classe moyenne, comme l'a montré l'économiste Paul Krugman. Pour tenter d'influer sur cette situation, Obama va avoir un immense capital de sympathie, il va bénéficier d'un état de grâce qui va conforter l'image des États-Unis. Ce que je crains, c'est une déception liée à une attente trop forte. On va attendre de lui qu'il ait une baguette magique. Il pourra modifier les choses dans la durée mais n'aura pas le pouvoir de tout changer.
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MessageSujet: Re: Ce que pourrait être l'Amérique d'Obama   Jeu 30 Oct - 23:05:12

J'adore cette nouvelle, même qu'elle m'émeu... j'ai hâte d'écouter la soirées d'élection américaine !

Caro X X X
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