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 Un billet Dangereux (5).

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MessageSujet: Un billet Dangereux (5).   Dim 25 Jan - 15:44:40



--Bonjour Lafouine, lis cette phrase d'une publicité de Lotto et dis-moi si tu comprends quelque chose, moi je n'y
arrive pas.
Lafouine lit la phrase à haute voix plusieurs fois.
--Non, je ne comprends absolument rien pour le moment mais je vais y repenser.
--Très bien et si tu réussis à lui trouver un sens, fais-le-moi savoir, ok?
--Je n'y manquerai pas.

--Commissaire max à l'appareil, puis-je vous aider?
--C'est à propos du message de M. Claude Poirier, je crois être la personne que vous recherchez.
--Votre nom, je vous prie.
--Mon nom est Stéphen Lussier.
--J'aimerais vous rencontrer à propos du meurtre de Lego, quel est le meilleur temps pour vous?
--Tout de suite, si vous voulez, je suis disponible.
--Bien, puis-je avoir votre adresse?
--Certainement
--Dites, je note.
--222, avenue des Boulons, c'est juste à côté du Commisariat.
--Dans ce cas, venez au Commissariat, est-ce possible pour vous?
--Bien sûr, je suis à vous dans une dizaine minutes.

Pourvu que cet interrogatoire nous conduise à une piste crédible, se dit Max. Il invita Lafouine à se joindre à la rencontre et à prendre des notes. Stéphen Lussier raconta qu'il avait vu un homme portant un habit de jogging gris et coiffé d'une casquette noire avec un logo du casino sur le devant, et trait particulier, cet homme portait un sac sport en bandouillère et qu'il avait remarqué qu'un bout canon de fusil de carabine dépassait du sac. Intrigué, il se servit de ses jumelles d'approches pour l'observer jusqu'à ce qu'il le perde de vue.
--Êtes-vous sûr à 100% que ce morceau qui dépassait du sac était ce que vous venez de mentionner?
--Aussi sûr que je suis là devant vous, M. le Commisaire.
--Avez-vous une idée du calibre de cette supposée arme?
--Malheureusement, non, je regrette, je ne peux vous fournir cette information.
--Vous n'avez remarqué rien d'autre qui pourrait nous être utile?
--Si, il était chaussé d'espadrilles blancs et rouges, il avait une tache brune sur la joue gauche.
--Pourriez-vous le décrire suffisamment pour que nous puissions en tirer un portrait robot?
--Oui, je crois bien.

Le commissaire consulta le spécialiste en portraits robots, attitré du Commissariat et le fit rencontrer son témoin. André Tracy l’attendait. André Tracy, portraitiste et spécialiste en morphologie un grand brun et frisé, il n’avait pas eu de mal à se donner des airs de Picasso; il en rajoutait même dans la décontraction, le langage et l’habillement, baskets, jeans et blousons de cuir.
– Alors, le bardot m’a ramené un bon chargement ?
C’était la plaisanterie à la mode du commissaire. Max avait rouspété :
– Je vous signale que les moustachus ne sont pas toujours atteints de stérilité. De plus, ça te donnera une image ésotérique ou érotique selon les cas. Le commissaire sentit que l’atmosphère n’était pas au triomphalisme.
– Rien de rien dans mes archives, c’est un nouveau ce profil, aucun dossier patron.
- Et toi la Fouine qu’as-tu mieux à dire sur le mort ?
- Rien de rien, patron.
– Comment ça?
– Lego, il est lisse comme une patinoire. Bon fils, bon mari, bon père, bon collègue; tous ceux à qui on a appris le meurtre sont tombés des nues. Ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi on aurait voulu le tuer, pourquoi il a été assassiné.
– On a vu ses collègues de boulot à Air Padair, les copilotes, hôtesses et stewards qui avaient pratiqué les mêmes lignes, c’était la consternation. Même des techniciens au sol qui ont pleuré quand on leur a appris la nouvelle. Vous savez, commissaire, il y a des pilotes qui sont un peu distants, boulot-boulot, alors que lui, il s’intéressait à tout le monde, il avait toujours le mot gentil. Pour les détails, on a toutes les dépositions, si vous voulez les lire.
– Vous avez reconstitué son emploi du temps de la journée d’hier ?
– La routine, si tant est qu’il y ait une routine pour un pilote de ligne. Comme vous savez, sa femme et ses gosses sont en vacances dans les îles d’Hawaï et il était tout seul chez lui. Il est parti de chez lui vers sept heures du matin, il a assuré le vol d’Air Padair le matin et un vol retour en début d’après-midi. Tous ceux qui l’ont vu hier n’ont rien noté de particulier, il a seulement mentionné à plusieurs personnes qu’il allait passer le week-end chez-lui, c’est tout.
– Vraiment rien d’autre ?
– Non, aux allusions sur des aventures extraconjugales qu’il aurait pu avoir, vous savez, une femme à chaque escale ou une hôtesse amoureuse du pilote.
- On nous rit au nez.
– Autrement dit, s’il n’y a rien dans un passé récent, il va falloir aller fouiller dans un passé reculé, passer du passé simple au passé composé .

Les deux inspecteurs ne relevèrent même pas la tentative grammaticalement humoristique du commissaire.
– A vrai dire, c’est le noir le plus complet. On ne peut même pas retracer l’homme habillé pour un jogging.
– Bon, alors demain vous allez remonter dans le temps, depuis la naissance de Lego jusqu’à aujourd’hui. Les études, les amourettes, la carrière. Moi, je vais essayer d’interroger sa femme qui est arrivée hier chez ses parents, pour savoir qui aurait pu en vouloir à son mari. Cela ne va pas être une partie de plaisir. On se revoit ici, demain à la même heure .J’allais oublier, il faut que Tracy passe voir Delorme pour cette histoire de téléphone portatif volé, je te laisse le mémo que j’ai préparé à ce sujet, bonsoir les gars.

Le commissaire prit son bout de cigare sur son bureau et l’alluma. Rien. Rien de tangible. Rien de palpable. Quoique.
Ce bulletin de loto. Ce téléphone pas raccroché et cet autre téléphone portatif soi-disant volé. Et cette victime incongrue, ou plutôt incohérente. On ne peut pas arrêter les gens sans preuve concrète et sur des ouï-dire. Il aimait ce moment de la journée; il pouvait réfléchir.Il en avait vu d'autres mais cette enquête lui posait bien des maux de tête.Il n'est pas du genre à baisser les bras et ses collègues enquêteurs le savent. Fumant calmement son cigare il repasse tous les éléments des rapports un à un, reliant les faits les uns aux autres Lego-Delorme-Lelièvre-sa femme-Lussier-collègues de travail,patrons-amis-famille,
en commissaire consciencieux il n'oublie personne et n'exclue aucun indice, si minime soit-il car c'est souvent les dernières petites touches qui donnent du caractère à une oeuvre d'art.

Pendant ce temps Lafouine va à la recherche du passé de la victime aussi loin qu'il peut fouiller. Le "passé grammatical", pensa-t-il, se remémorant l'humour employé par son patron, je ne me souvenais plus de ma grammaire, je dois maintenant en mettre les règles en pratique.

--Allô, patron, c'est Tracy, je viens de retoucher le portrait robot de l'assassin, désirez-vous le revoir?
--Il a besoin d'être plus réaliste que le premier ébauche, Tracy, ce n'est pas un Picasso que je veux, c'est le profil morphologique d'un présumé meurtrier. C'est l'indice le plus crédible reçu à date, et gâche-le pas, compris? Je commence à m'impatienter.
--Je comprends, M. le Commissaire, je vous l'amène à l'instant.
--Je t'attends, Tracy.

Le portrait robot satisfait Max et il le dépose dans ses dossiers concernant l'enquête tout en faisant imprimer quelques copies pour ses aides collègues.
--Soyez attentifs aux moindres ressemblances, les gars, c'est de la plus haute importance. Comparez chaque trait du visage, chaque port d'allure avec cet homme sur le portrait et si une ressemblance attire votre attention plus qu'une autre, abordez cette personne et faites-lui un interrogatoire judicieux sur ses allées et venues, ses fréquentations, soyez professionnels, on ne
niaise plus avec la "puck", ça urge et j'ai l'impression qu'on commence à brûler. Compris?

M. Tout-à-la-loupe, Lafouine, détient peut-être un filon concernant les amourettes de jeunesse de Lego. Serait-ce la clé du mystère?C’était le mobile initial de l’enquête, dont Max a mis un frein, car les faits n’étaient pas encore suffisant pour que la solution soit envisageable. Il enfila son anorak et décida de prendre son auto de service et rentra directement chez-lui pour une soirée télé, un documentaire sur les animaux. Cela le changerait des dossiers policiers. Il y avait une carte sur la table basse du salon, près du canapé. Le commissaire prit la carte entre les mains et sourit.
Nom : Le Commissaire
Prénom : Max
Sexe : M
Né le : 29 février 1946
à Saint Félix
Taille : 1 m 75
La vue de sa carte d’identité nationale lui procurait à chaque fois une joie. Pas besoin d’être notaire pour deviner que le Commissaire Max était Québécois; il avait la tête caractéristique des pionniers et ne cachait pas ses origines; les photos disposées sur les murs de son appartement permettaient d’aiguiller immanquablement la conversation; il en avait d’ailleurs usé et abusé dans ses tentatives de séduction, un commissaire québécois.Il n’aimait pas qu’on lui souhaite son anniversaire, aussi, lors d’un de ses nombreux changements de domicile, il avait sciemment modifié la date du 23 en un 29, sur la fiche d’état civil qu’il avait reçue d’Ottawa.
Ni vu, ni connu. et personne ne l’avait remarqué. Pourtant il laissait traîner ses papiers d’identité régulièrement sur la petite table et aucune de ses fiancées n’avait tiqué. Le 29 février 1988, la fiancée du moment, avait presque découvert le pot aux roses; elle lui avait offert une bande dessinée de Tintin avec la dédicace : "Pour les dix ans de mon petit Max… !" Le commissaire était éternellement fiancé, mais il n’avait jamais convolé. Carte infalsifiable, mon oeil, murmura – t- i l.
Il était surprenant qu’un ordinateur n’eût pas décelé la supercherie, au temps pour l’informatique. Le commissaire avait lu un article dans le Canard Allô police, dans lequel il était expliqué la manière d’obtenir une fausse carte d’identité parfaitement infalsifiable. Il prit un cigare et essaya d’améliorer sa technique des ronds de fumée. Même devant sa télé, il ne peut s’empêcher de penser policier, son métier le passionne. Sa carte d’identité était retombée sur le côté pile.
Adresse : 62 Bld des Érables
Carte valable jusqu’au : 16 06 2008
Délivrée le : 17 06 1988 par : Préfecture de Nantel
Le Commissaire sourit encore, Bld des Érables. Cela lui rappelait sa mère, qui lui disait au sortir de chaque dispute avec son mari :
– Ton père, il ne m’a pas ramassé dans la rue; j’ai un frère qui est polytechnicien !

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